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Regard plus loin·Équipe Coop SBDL

Ailleurs au Québec, des villages choisissent de garder ce qui compte.

Épicerie, quincaillerie, services de proximité : quand un commerce repose sur une seule paire d’épaules, le modèle coop peut offrir un autre chemin — partagé.

Épicerie et quincaillerie de Saint-Sylvère reprises en coopérative de solidarité.
Photo : Radio-Canadavoir l’article original · Radio-Canada

Dans plusieurs petites municipalités du Québec, la question n’est pas abstraite. C’est : est-ce qu’on va encore pouvoir acheter du pain près de chez soi? Est-ce qu’il restera une quincaillerie, un service de base, un lieu où croiser du monde?

Radio-Canada racontait en 2019 comment des villages de la Mauricie et du Centre-du-Québec se tournaient vers le modèle coopératif pour garder des services de proximité. Pas par mode. Par nécessité — et par envie de ne plus laisser un seul commerce, un seul projet, reposer sur une seule personne essoufflée.

À Saint-Sylvère, l’épicerie et la quincaillerie étaient sur le point de disparaître. Des citoyens se sont regroupés en coopérative de solidarité, ont amassé les fonds nécessaires et ont racheté l’entreprise. Une administratrice résumait l’évidence : il n’y a rien de mieux que des gens qui se mettent ensemble pour accomplir quelque chose — et c’est souvent comme ça qu’on réussit à garder un commerce vivant dans un petit village.

Le message est simple. Quand un service de proximité dépend d’un seul individu, le risque est grand. La maladie, le départ, la fatigue, et tout le village le sent. Une coop change la charge : plusieurs personnes peuvent soutenir le même projet. Les épaules se multiplient. Les décisions restent dans le milieu.

Ce n’est pas magique. C’est du travail. Mais pour un petit milieu, ce modèle peut être moins lourd qu’une entreprise privée classique : on n’attend pas qu’un investisseur extérieur « sauve » le coin. On bâtit avec ceux qui vivent déjà là.

Les services de proximité ne sont pas un luxe. Ils influencent qui reste, qui s’installe, qui se sent chez soi. Une résidente de Saint-Sylvère le disait sans détour : elle n’aurait pas acheté sa maison s’il n’y avait pas eu d’épicerie. Un commerce, c’est aussi une raison de rester.

Les chercheurs le rappellent aussi : les coopératives fleurissent souvent là où le système économique laisse un vide — là où les régions plus favorisées n’offrent plus ce dont les gens ont besoin au quotidien. Historiquement, on l’a vu en agriculture et en finance. Aujourd’hui, on le revoit autour des services de proximité.

À Sainte-Brigitte-de-Laval, le portrait n’est pas le même village, ni la même histoire. Mais la leçon se rapproche de chez nous. On a déjà des commerces, des organismes, des citoyens engagés, des idées qui circulent. Ce qui peut manquer, ce n’est pas la capacité : c’est parfois le lien qui permet de porter ensemble ce qu’une seule personne ne peut plus porter seule.

Coop SBDL n’existe pas pour remplacer ce qui marche déjà. Elle existe pour ouvrir un espace où les besoins du quotidien — mobilité, partage, entraide, économie locale — peuvent devenir des projets tenus à plusieurs. Des projets dont les décisions restent ici.

Ailleurs, des villages ont déjà montré que c’était possible. Ici, la prochaine histoire pourrait aussi parler un peu de nous.